Les doutes sur le futur du gaz naturel dans les décennies à venir sont infondés car son rôle comme combustible de transition dans le mix énergétique sera essentiel à l’horizon 2050 et au-delà

Le 5 mars, la conférence de la plateforme gaz de l’Union pour la Méditerranée (UpM) s’est tenue à Paris, à l’hôtel Park Hyatt Paris-Vendôme. Organisée par l’Organisation Méditerranéenne de l’Énergie et du Climat (OMEC, anciennement OME), en tant que Secrétariat de la Plateforme et avec le soutien de la Commission Européenne, l’évènement a examiné à la fois la sécurité énergétique et les défis climatiques à travers le prisme du rôle des combustibles gazeux dans la transition énergétique de la Méditerranée. Plus de 100 délégués, en ligne ou en personne, représentant les institutions et l’industrie de plus de 20 pays de la région Euro-Méditerranéenne ont contribué au succès de l’événement.

Reportée depuis décembre 2023 en raison de la crise en cours dans l’est de la Méditerranée, les intervenants à la conférence étaient unis pour souligner le besoin urgent de rétablir une stabilité durable dans la région. La sécurité géopolitique est en effet une condition préalable pour obtenir une sécurité énergétique et une transition énergétique équitable. Au milieu d’une telle imprévisibilité, il y avait une certitude parmi les orateurs que le gaz naturel sera parmi les meilleures solutions pour progresser vers un futur zéro carbone dans les décennies à venir, tout en veillant à un approvisionnement énergétique sûr et aussi supporter le développement économique et des moyens de subsistance aux peuples de la région. Mais, la réduction des émissions de méthane est un élément du processus de transition énergétique.

Bien que le passage des combustibles fossiles aux énergies renouvelables va sans aucun doute s’appuyer sur le gaz naturel comme combustible de transition, une transition écologique nécessite également une réduction de la demande à travers d’importantes économies d’énergie et une meilleure efficacité énergétique. Il est essentiel de voir les demandes de pétrole et de charbon être réduites massivement, et pour le gaz de diminuer de moitié. Notablement, la trajectoire pour atteindre le zéro carbone sera différente pour les régions du sud et du nord de la Méditerranée.

De nouvelles ressources et technologies vont jouer un rôle important dans la transition énergétique de la région. La production européenne naissante de biométhane et biogaz a le potentiel de réduire les émissions de CO2 d’une manière abordable et évolutive, et de réduire la dépendance au gaz naturel en provenance de pays tiers. En se projetant plus loin en avant, l’hydrogène devrait être un élément important dans le mix énergétique décarboné du futur, représentant une opportunité intéressante pour des pays pionniers comme l’Egypte et le Maroc.

La coopération régionale a été un thème récurent des discussions. Les objectifs zéro carbone ne peuvent être atteint que par une vision globale des systèmes énergétiques, et une complémentarité stratégique et règlementaire à travers la Méditerranée.